il me tenait à coeur de recopier cet article, mot pour mot, afin de présenter une autre image de la colombie que les media essaye de véhiculer. tonio regarde les belles choses que l’on peut écrire sur notre terre d’acceuil qu’est la colombie. et dire que je me fait chier avec les grêves de merde et les looser de sarcelles de villier le bel et compagnie… je reprends enfin mon blog après un petit arret du à mon mariage et ses préparatifs…. hihihihi
” FIN D’HIVER DANS LES ANDES “
Autrefois qualifiée d’enfer, Bogota, la capitale de la Colombie, est devenue une ville agréable à vivre.
A l’instar de Buenos Aires, de Mexico et de Sao Paulo, Bogota est l’une des villes d’Amérique latine les plus célèbres, et pas à cause de “insécurité qui y régnerait. Le changement extraordinaire de cette ville s’explique par le fait que, ces treize dernières années, elle a eu deux maires honnêtes et inventifs : Antanas Mockus et Enrique Penalosa. Le premier, Mathématicien et philosophe, qui s’était fait connaître par ses façons originales de diriger l’université nationale, s’est efforcé d’apprendre aux habitants les règles élémentaires du savoir vivre.
Pour faire respecter des choses aussi simples que les passages piétons ou les arrêts de bus, il s’est appuyé sur des clowns et des acteurs disséminés dans toute la ville. Inutile de dire que sa méthode a été accueillie par des sarcasmes… jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’elle fonctionnait. Les trouvailles de la municipalité n’expliquent pas tout, mais les habitants de Bogota sont aujourd’hui d’hui fiers de leur ville.
Non sans raison. Avec prés de 9 millions d’habitants, la capitale colombienne, malgré ses nombreux problèmes, reste une ville aussi agréable et organisée que lorsqu’elle en comptait 2 millions. L’insécurité n’est plus ce qu’elle était. C‘est la question que tout le monde pose en premier.
Évidemment, Bogota n’est pas Lausanne, mais elle n’est pas non plus engluée dans la violence, comme le voudrait la légende. Sur le continent américain, il existe actuellement une demi-douzaine de villes plus violentes et plus dangereuses que Bogota, notamment Los Angeles.
A Bogota, depuis la fin de la guerre des cartels, les fêtes – obligatoirement dansantes – ont repris. Et, surtout, la vie sociale s’est déplacée vers les centres commerciaux, vers un réseau de parcs et d’avenues reconverties les dimanches en pistes cyclables et “joggables”, vers une remarquable palette de restaurants et aussi, changement ô combien décisif, vers les terrasses des cafés. Symbole d’une nouvelle conception des loisirs, les terrasses de Bogota constituent aussi l’un des témoignages les plus stupéfiants du changement de climat. Car Bogota, située à 2800 mètres d’altitude, est pour le reste des colombiens l’incarnation même de la saison hivernale. Avec ses cheminées, ses ponchos de laine, ses soupes chaudes et les costumes sombres de ses hommes d’affaires qui, dès leur sortie de l’université, avaient l’air de juges de la Cour suprême, Bogota représentait l’image même d’un automne écossais, doux mais interminable. Ce n’est plus le cas, sauf la nuit. A midi, sous les rayons verticaux du soleil, qui reste tropical malgré l’altitude, les habitants de Bogota se découvrent.
On voit apparaître des choses inimaginables : des jeunes filles en débardeur, voire en short, et les collants ne sont plus une obligation. Avant, une fille qui ne portait pas de collants était considérée comme une dévergondée. Tout ça a changé constate une jeune citadine attablée à une terrasse, face à une dizaine de vélos garés sur le trottoir, chose tout aussi extraordinairement nouvelle à Bogota.
Tant de nouveautés laissent perplexe le voyageur resté longtemps absent. Même si la vie publique reste régie par une poignée de dynasties de politiques et de journalistes qui se transmettent le pouvoir depuis quatre ou cinq générations, cela ne correspond plus aupays dynamique et débrouillard qu’est aujourd’hui devenue la Colombie.
Pedro Sorela, Letras Libres, Mexico et MadridParu dans CI n° 864, du 24 mai 2007